Minggu, 09 Februari 2020

Perturbation

Category: Livres,Romans et littérature,Autres littératures étrangères

Perturbation Details

Dans les Alpes autrichiennes, un médecin de campagne rend visite à ses quelques malades. Avec lui, l'accompagne son fils, rien moins que le narrateur, observateur, témoin de tous les dérèglements des sens et du corps. Au-delà des troubles physiologiques diagnostiqués les uns après les autres, il s'agit surtout de constater une espèce de désarroi général, un sentiment de malaise et de mal être, de tristesse chronique. Perturbation de l'esprit qui gagne et que l'un des patients, le vieux prince de Saurau, dernière visite du médecin, concentre à lui seul (en un long et hallucinant monologue). ? l'image de ses autres romans, tels Maîtres anciens, Le Neveu de Wittgenstein ou Le Naufragé, Thomas Bernhard laisse ici encore libre cours à sa verve musicale et sarcastique. Ironique en diable, imprécateur, il n'épargne personne, surtout pas les Autrichiens pour qui la répétition se vit dans l'imminence du désastre. Drôle, noir et jubilatoire. --Céline Darner

Reviews

L'écrivain autrichien Thomas Bernhard a trente-sept ans lorsqu??il publie Perturbation (Verstörung), roman qui s??ouvre avec une citation de Pascal, et se développe sur un registre que l'on pourrait situer quelque part entre Kierkegaard (prolixité mélancolique) et Guyotat (mais sans sexe).Un fils de médecin se souvient de sa jeunesse ?? sa mère morte prématurément, sa s?ur suicidaire ??, et se remémore une journée particulière, à l??apogée de l??automne, où son père l??avait emmené en tournée, « pour son enseignement ».La population visitée s??avère « complètement rongée par la maladie, portée à la violence et à la déraison », la perturbation des corps n??ayant d??égal que le dérèglement des esprits. L'instituteur pédophile est à l??agonie ; un jeune enfant paraît condamné ; l'aubergiste vient d??être assassinée.Une femme en fin de vie fait le bilan : son frère, qui a commis un crime, s??est pendu ; son fils souffre d??arriération ; son mari, gagné par la « déprimation », s??est tué en montagne.Le jardin même semble perturbé (verstört) :« Le jardin présentait des signes de désordre suspects témoignant de la présence de gens dont le rythme a été troublé, il y avait quelque chose de fiévreux, de malade dans le calme de ce jardin. »L??exploration du pays malade se poursuit avec la rencontre d??un écrivain dérangé, qui vit comme mari et femme avec sa demi-s?ur, et la visite d??un infirme, un ancien musicien que l'on enferme la nuit dans une cage grillagée.Une fois par semaine, le père passe prodiguer ses soins au propriétaire d??un moulin (6 pages d??anthologie), avant de monter au château (bloc de 127 pages, sans paragraphes, d??un intérêt exceptionnel).Un prince dément vit reclus dans la vieille demeure. Son père s??est suicidé, et son fils, qui étudie à Londres, et lit des auteurs marxistes, vouerait volontiers à l??anéantissement l??héritage paternel, ce domaine agricole et forestier de plusieurs milliers d??hectares qui entoure le château.Professant un bon usage des maladies (« le plus court chemin de l??homme pour arriver à soi »), le prince assure ne trouver sa consolation que dans la désolation (« Du dégoût de vivre du père dérivait le dégoût de vivre du fils. »).Ce n??est certes pas une littérature de divertissement que propose ici Th. Bernhard. Par sa tonalité comme par son écriture, cette ?uvre magistrale, où s??emboîtent les récits dans le récit, « perturbe » à souhait le lecteur, et ne manque pas de durablement le fasciner.PS : surprenants problèmes de correction pages 88, 103 et 126

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